
C’est un film au sujet très difficile.
Je préfère prévenir d’avance : vous risquez de pleurer.
Mais si le sujet est dur, il est filmé avec une immense pudeur.
Sans pathos.
Sans voyeurisme.
Simplement dans l’intimité d’histoires profondément douloureuses.
La vie sans eux, réalisé par Eric de Chazournes, est un documentaire qui vous prend doucement… et ne vous lâche plus.
Synopsis
En janvier 2025, l’association Princesse Margot organise pour la première fois une semaine de répit destinée à quatre mamans ayant récemment perdu leur enfant d’un cancer.
Pendant quelques jours, elles sont logées, nourries, accompagnées.
Elles participent à des ateliers de parole, de relaxation, de bien-être.
Mais surtout, elles se retrouvent entre elles.
Entre mères qui ont traversé l’impensable.
Face caméra, avec une sincérité bouleversante, elles racontent le deuil, la culpabilité, la colère, le regard des autres, l’amour qui ne s’éteint pas, et la difficulté de continuer à vivre quand la vie s’est arrêtée.
La vie sans eux est un film tourné dans l’intimité de cette parenthèse unique.
Un documentaire sur le deuil, traversé par l’espoir.
Une véritable ode à la résilience.



Mon avis
On n’imagine pas la douleur de ce que ces mamans ont vécu — et vivent encore aujourd’hui.
Et pourtant, elles parlent.
Sans tabou.
Sans retenue.
Sans peur du regard ou de la réaction de l’autre.
Ce qui frappe, c’est la liberté de la parole.
Elles peuvent tout dire, parce qu’en face, il n’y a que des femmes qui comprennent.
Qui n’ont pas besoin d’explications.
Et puis, contre toute attente, il y a aussi beaucoup de joie.
De la douceur.
Des rires même.
Ces quatre mamans ne se connaissaient pas en arrivant.
Elles repartent en se considérant comme des sœurs.
Elles ont des histoires différentes, mais une douleur commune.
Et ce séjour leur redonne, un peu, le goût à la vie.
Elles sont bien vivantes.
Tout prendra du temps, évidemment.
Mais quelque chose s’est remis en mouvement.

Anecdote de tournage (et choix forts)
Le film a été tourné et réalisé par une seule personne : Eric de Chazournes.
Une caméra. Un micro. Et beaucoup d’écoute.
Cela a les défaut de ses qualités, bien sûr.
Quelques maladresses techniques.
Un dispositif parfois minimaliste.
Personnellement, j’aurais aimé voir davantage de moments de vie dans la maison.
Un peu moins d’interviews peut-être.
Mais ce n’est qu’un détail.
Parce que cette solitude au tournage permet surtout autre chose :
une extrême pudeur, une douceur rare, et des confidences rendues possibles précisément parce qu’il n’y a personne d’autre.
Eric l’explique très justement :
« J’essaye d’être le plus discret possible, de me fondre dans le décor, et surtout je n’interviens jamais dans les discussions. Je ne fais rien refaire. C’est moi qui m’adapte aux situations, jamais l’inverse. »
Les interviews sont improvisées, souvent longues, menées dans un second temps, une fois la confiance installée. Une des mamans ne voulait d’ailleurs pas témoigner au départ. Puis, petit à petit, la parole est venue.
Ce film existe parce que la bienveillance, le respect, l’empathie et la discrétion ont été placés au centre.
Le message est infiniment plus important que la technique.

Pourquoi voir ce film ?
Parce que c’est un film profondément humain.
Parce qu’il parle du deuil sans jamais l’enfermer dans une case.
Parce qu’il montre qu’au cœur de l’absence, quelque chose circule encore.
56 minutes pour plonger dans quatre histoires singulières,
et pourtant si proches.
Ce film fait écho à mon engagement auprès des Blouses Roses, en hémato-oncologie pédiatrique.
Des chemins de vie difficiles. Des parcours qui secouent profondément.
Et pourtant, même dans les moments les plus noirs,
il existe toujours un peu de joie.
Une présence.
La vie sans eux nous rappelle cela avec une infinie délicatesse.
Pour aller plus loin
🎬 Voir le documentaire sur YouTube :
https://lnkd.in/eMQyDVqT

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